En septembre 2025, un homme de 50 ans était grièvement blessé au hachoir en pleine rue, avenue de Breteuil, dans le VIIe arrondissement de Paris. Le suspect, présenté par la presse comme souffrant de schizophrénie, a été écroué ; des observations rapportées par Le Parisien, « aucun remords, aucune empathie », laissent entrevoir la place que prendra la question psychiatrique dans ce dossier.
Abolition ou altération : la distinction clé de l'article 122-1
Si le trouble psychique a aboli le discernement au moment des faits, la personne est déclarée pénalement irresponsable : pas de procès sur la culpabilité, mais une audience spécifique devant la chambre de l'instruction, qui peut prononcer une hospitalisation complète sous contrainte et des mesures de sûreté. Si le trouble a seulement altéré le discernement, le procès a lieu, et la peine encourue est en principe réduite.
Tout repose donc sur l'expertise psychiatrique, souvent plusieurs, parfois contradictoires. Entre l'abolition et l'altération, la frontière est fine et âprement débattue : c'est l'un des points les plus techniques du procès pénal, où l'assistance d'un avocat est décisive, pour la défense comme pour les parties civiles, qui peuvent désormais être entendues même en cas d'irresponsabilité.
Détention provisoire et réforme de 2022
Un placement en détention provisoire, comme ici, ne préjuge de rien : il signifie seulement qu'à ce stade, l'information judiciaire suit son cours. Et depuis la loi du 24 janvier 2022, votée après l'affaire Sarah Halimi, l'irresponsabilité est écartée lorsque l'abolition du discernement résulte d'une intoxication volontaire dans le dessein de commettre l'infraction.
Ces dossiers, douloureux pour toutes les parties, exigent rigueur et humanité. Le cabinet y accompagne mis en cause, familles et victimes.
Source : Le Parisien, 23 septembre 2025