Le tribunal correctionnel de Tours a jugé neuf personnes, deux femmes et sept hommes, poursuivies pour avoir transporté de la cocaïne entre la Guyane, la Martinique et l'Indre-et-Loire. Selon la presse locale, les peines prononcées vont jusqu'à trois ans d'emprisonnement ferme.
Des filières « in corpore »
Le dossier illustre le fonctionnement de ces filières : les « mules » ingèrent des capsules de cocaïne avant de prendre l'avion, moyennant rémunération. Lors de l'enquête, un des prévenus avait expulsé 1,3 kilo de cocaïne au domicile d'un autre, au retour d'un voyage en Martinique organisé contre la promesse de 8 000 euros.
Ce que dit le droit
Le transport, la détention et l'acquisition de stupéfiants sont des délits punis de dix ans d'emprisonnement (article 222-37 du code pénal), les peines s'aggravant quand les faits sont commis en bande organisée. Mais ces procès posent une question plus fine : celle de la place des mules dans la chaîne du trafic. Souvent recrutées pour leur précarité, parfois sous la contrainte ou pour éponger une dette, elles encourent des peines lourdes alors que les commanditaires restent fréquemment hors d'atteinte. C'est tout l'enjeu de l'individualisation de la peine : le tribunal doit tenir compte de la situation personnelle de chaque prévenu, de son rôle réel, de sa vulnérabilité éventuelle, et la défense a précisément pour mission de faire exister cette singularité dans un dossier collectif.
Il faut enfin rappeler ce que ces trajets font courir aux intéressés : au-delà du risque pénal, la rupture d'une seule capsule dans l'organisme est mortelle. Derrière le fait divers, il y a des vies happées par des réseaux qui, eux, calculent froidement.
Le cabinet intervient en défense pénale à tous les stades : garde à vue, comparution immédiate, instruction et audience.
Sources : La Nouvelle République · ici Centre-Val de Loire