Six hommes ont comparu devant le tribunal de Nanterre pour un projet de home-jacking visant le domicile de l'ancien joueur du PSG Julian Draxler, à Saint-Cloud. Selon la presse, l'équipe avait été interpellée avant l'intrusion : cagoules, gants et liens de serrage retrouvés, un homme repéré sur le toit d'un voisin, et même un drone de surveillance découvert à proximité.
Juger un crime qui n'a pas eu lieu
Comment poursuivre alors que rien n'a été volé ni même tenté au sens strict ? C'est précisément l'objet de l'association de malfaiteurs (article 450-1 du code pénal) : elle incrimine le groupement formé en vue de préparer un crime ou un délit, caractérisé par des faits matériels, repérages, matériel réuni, rôle distribué. Elle permet d'intervenir avant le passage à l'acte, sans attendre que des victimes soient faites. La frontière avec la simple intention, qui elle n'est pas punissable, tient à ces actes préparatoires concrets : c'est là que se joue le débat judiciaire.
Les footballeurs, cibles récurrentes
Les joueurs professionnels cumulent les facteurs d'exposition : patrimoine connu, calendrier public, on sait quand ils jouent, donc quand la maison est vide ou la famille seule, et train de vie visible sur les réseaux sociaux. Les procès récents visant les domiciles de joueurs du PSG l'ont montré : les enquêteurs s'intéressent systématiquement à la circulation de ces informations, jusqu'à d'éventuelles complicités dans l'entourage.
La leçon vaut pour chacun : l'exposition publique d'un patrimoine ou d'un agenda est une donnée que le droit pénal ne peut corriger qu'après coup.
Source : Le Parisien, 10 mars 2025