Fin septembre 2025, le tribunal a relaxé les deux jeunes de la cité des 4 000, à La Courneuve, poursuivis pour violences envers des policiers. Les images amateurs tournées par des habitants, celles-là mêmes qui avaient fragilisé le récit initial de l'interpellation, ont pesé de manière décisive à l'audience.
La relaxe, mode d'emploi
La relaxe est la décision par laquelle le tribunal correctionnel juge que l'infraction n'est pas établie, faute de preuve suffisante ou parce que les faits ne sont pas caractérisés. Elle met fin aux poursuites et, sauf appel du parquet, clôt définitivement le dossier pénal. Elle ouvre aussi des droits : la personne relaxée peut, dans certains cas, demander une indemnisation, notamment si elle a subi une détention provisoire.
Le procès-verbal n'est pas une vérité intangible
Cette affaire illustre concrètement ce que nous écrivions à propos des vidéos d'interpellation : pour la plupart des infractions, le procès-verbal ne vaut qu'à titre de simples renseignements (article 430 du code de procédure pénale) et peut être combattu par tout moyen de preuve. Quand des images contredisent un écrit, c'est le débat contradictoire qui tranche, et il a tranché ici en faveur des prévenus. L'avocat de l'un d'eux a souligné que la justice avait reconnu la sincérité des déclarations de son client.
La suite logique de ce dossier pourra se jouer sur un autre terrain : celui des plaintes déposées par les jeunes gens pour les violences qu'ils disent avoir subies. La procédure suivra son cours, et là encore, la preuve fera la décision.
Source : Le Parisien, 29 septembre 2025