En septembre 2025, Le Parisien révélait que le récit d'une agression de policiers à La Courneuve était fragilisé par des vidéos tournées par des habitants : les images nuancent la version initiale des faits, et un jeune homme, affirmant « c'est moi qui ai reçu des violences », a déposé plainte pour des coups qu'il dit avoir reçus dans le véhicule de police.

Filmer la police est licite

Filmer une intervention de police sur la voie publique est légal. Les policiers ne peuvent ni l'interdire, ni exiger la suppression des images ; seule la diffusion malveillante d'éléments d'identification peut, dans certains cas, être sanctionnée.

La valeur réelle d'un procès-verbal

Contrairement à une idée reçue, un procès-verbal n'est pas une vérité intangible. Pour la plupart des infractions, il ne vaut qu'à titre de simples renseignements (article 430 du code de procédure pénale) et peut être combattu par tout moyen de preuve, témoignages, expertises, vidéos. Quand des images contredisent un écrit, le débat judiciaire change de nature : c'est parfois toute une poursuite pour outrage ou rébellion qui s'effondre, et la question peut se retourner, jusqu'à des poursuites pour violences ou pour faux en écriture publique contre les rédacteurs du procès-verbal.

Les bons réflexes

Si vous êtes témoin ou partie à une interpellation contestée : conservez le fichier original (pas seulement une copie compressée envoyée par messagerie), notez la date, l'heure et le lieu, identifiez les témoins, et consultez un avocat rapidement, dès la garde à vue si vous êtes poursuivi, avant de déposer plainte si vous êtes victime.

Le cabinet assiste les personnes poursuivies comme les plaignants dans ce type de dossiers, où la rigueur probatoire fait souvent la décision.

Source : Le Parisien, 13 septembre 2025