C'est un réseau surnommé la « Zarzis connection », du nom de la ville tunisienne dont ses membres sont originaires, que les enquêteurs de l'OFAST ont démantelé : l'importation de comprimés d'ecstasy et de kétamine depuis le Benelux pour alimenter des points de vente en région parisienne, notamment via des « call centers », des lignes téléphoniques prenant les commandes des fêtards avant livraison. Les perquisitions ont notamment permis la saisie de plus d'un kilo de comprimés, de kétamine et de MDMA ; plusieurs mis en examen ont suivi.
L'importation, au sommet de l'échelle des peines
Le droit des stupéfiants hiérarchise les comportements : l'usage, la détention, le transport, la cession, et au sommet l'importation, punie de dix ans d'emprisonnement, trente ans lorsqu'elle est commise en bande organisée, ce qui en fait un crime. Les allers-retours réguliers vers les Pays-Bas décrits dans ce dossier sont typiquement ce que vise cette qualification.
Le « call center », nouvelle vitrine du deal
La vente par téléphone et messageries, avec livraison, a transformé le trafic urbain : plus de point de deal fixe, mais une marque, un numéro, des livreurs. Juridiquement, cela ne change rien aux qualifications, cession, offre, transport, mais cela déplace l'enquête vers la téléphonie, les messageries chiffrées et les livreurs interchangeables, souvent les premiers interpellés. Là encore, la question de la place de chacun dans l'organisation est centrale : entre le logisticien, le vendeur et le livreur occasionnel recruté sur les réseaux, les responsabilités, et les peines encourues, diffèrent profondément.
Source : Le Parisien, 8 janvier 2025