« Si j'avais su qu'elle était médiatisée, j'y serais pas allé » : la phrase, prononcée à l'audience par l'un des cambrioleurs du domicile parisien de l'actrice Diane Kruger et rapportée par Le Parisien, lui a valu davantage l'attention des chroniqueurs que la clémence du tribunal, qui l'a condamné à de la prison ferme en mai 2025.

La notoriété de la victime change-t-elle l'infraction ?

En droit strict, non : le vol est défini par la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui, que la victime soit célèbre ou anonyme. Mais en pratique, la notoriété pèse sur le dossier de plusieurs manières. Elle oriente souvent l'enquête vers la question du repérage : la cible a-t-elle été choisie, surveillée, renseignée ? Un cambriolage préparé contre une personnalité évoque la bande organisée, circonstance aggravante lourde. Elle influe aussi sur le retentissement de l'audience, et l'aveu maladroit de ce prévenu illustre ce que la spontanéité à la barre peut coûter.

L'aveu à l'audience, à manier avec précaution

Rien n'oblige un prévenu à s'expliquer sur sa stratégie de choix des cibles. La parole à l'audience est libre, mais elle est pesée : reconnaître le repérage, c'est parfois alourdir la qualification. C'est aussi pour cela que la préparation de l'audience avec son avocat n'est pas un luxe : elle évite que la défense ne se transforme en auto-accusation.

Pour les victimes de cambriolage, célèbres ou non, la constitution de partie civile permet d'obtenir réparation du préjudice matériel comme du sentiment d'insécurité durable que laisse une intrusion à domicile.

Source : Le Parisien, 19 mai 2025